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Le mal aigu des montagnes pour un nourrisson et un enfant

Les parents s’interrogent à juste titre lorsqu’ils partent avec leurs enfants en bas âge faire un séjour en altitude.

L’altitude est-elle nocive pour un nourrisson? Quel est le risque de Mail Aigu des Montagnes (MAM)?

Le risque est plus important si l’enfant est porteur pendant son séjour d’une bronchite ou d’un gros rhume et si en plus, le bébé dort sur le ventre ce qui majore le risque de mort subite du nourisson.
Pour un nourrisson l’altitude déconseillée est au-delà de 1200 à 1500 m . Les recommandations sont édictées pour une altitude supérieure à 2500m tout en précisant que des susceptibilités individuelles font que les symptômes de MAM peuvent apparaitre pour des altitudes moins élevées.

Les recommandations sont:

  • d’éviter une exposition prolongée à haute altitude. Il faut savoir qu’à plus de 2500 m la pression artérielle en oxygène diminue de 26 %. Le MAM survient plus fréquemment pour une altitude supérieure à 2100m.
  • de ne pas dormir au-dessus de 2000m pour un enfant de moins de 2 ans et à plus de 3000 m entre 2 et 10 ans.
  • pour les plus de 10 ans, de monter quotidiennement par paliers de 300-400 m  au-delà de 3000 m avec une journée de repos à chaque gain de 1000 m.

Le mal aigu des montagnes (MAM) est possible mais rare à faible altitude (1500 m) avec d’après les études la même fréquence que pour un sujet adulte mais une moindre facilité pour le détecter vu que le nourrisson ne sait pas exprimer ses douleurs et donc il est admis que ce diagnostic doit être évoqué pour tout enfant qui est malade en altitude.

L’apparition du MAM ne se fait pas immédiatement lorsque l’altitude est trop élevée. Le délai pour un enfant est d’environ dans les 4 à 12 h après l’arrivée à l’altitude qui déclenchera le MAM . Donc si l’exposition est prolongée (une demi à une journée) au-delà de 2500 m, le nourrisson pourrait ressentir le MAM.

Le MAM à cet âge est caractérisé par des pleurs plus fréquents, une moindre alimentation, une fatigue.

Pour les plus grands enfant les symptômes sont identiques à ceux d’un adulte et comportent:

  • des maux de têtes, chez près de 60% des personnes
  • une respiration courte et plus rapide, pour 60% des personnes
  • une insomnie
  • de la fatigue
  • des nausées

Ne pas tenir compte de ces symptômes peut conduire à l’apparition de signes plus graves comme l’œdème cérébral et un œdème pulmonaire de haute altitude pouvant entrainer le décès.

Le risque de MAM peut être approché par le score de Lake Louise

Le diagnostic de mal aigu des montagnes peut être établi à partir d’un score de Lake Louise supérieur ou égal à 3, en faisant la somme du score d’autoévaluation et du score clinique.
Score d’autoévaluation, 5 objets cotés de 0 à 3 :
  • céphalées : aucune (0), légère (1), modérée (2), sévère ou invalidante (3)
  • signes digestifs : appétit normal (0), appétit diminué ou nausées (1), nausées ou vomissements modérés (2), nausées et vomissements intenses ou invalidants (3)
  • fatigue : pas de fatigue (0), se sent un peu fatigué ou faible (1), se sent modérément fatigué ou faible (2) se sent épuisé, très faible (3)
  • vertiges : aucun (0), légères sensations vertigineuses ou d’étourdissement (1), sensations modérées de vertige ou d’étourdissement (2), sensations sévères de vertiges ou d’étourdissement, invalidantes (3)
  • insomnie : dort aussi bien que d’habitude (0), ne dort pas aussi bien que d’habitude (1), se réveille souvent passe une mauvaise nuit (2), a  l’impression de n’avoir pas dormi du tout (3)
Score clinique, comprend 3 objets, cotés de 0 à 2 ou 4
  • état de conscience : normal (0), léthargie, lassitude (1), désorientation, confusion (2), stupeur, conscience altérée (3), coma (4)
  • ataxie (manœuvre talon-pointe): normale (0), mouvement de balancier (1), sort de la ligne (2), tombe (3), ne peut pas rester debout (4)
  • œdème périphérique : aucun (0), une localisation (1), plusieurs localisations (2)

Score de 3 à 4 : atteinte légère, modérée si le score est entre 5 et 9 et élevée pour un score entre 10 et 15

Un score plus simple permet de déterminer la conduite à tenir en cas de MAM:

  • Céphalées, Anorexie ou nausées, Insomnie : 1 point pour chaque item
  • Céphalées résistant à la prise de 1 gr de paracétamol ou d’aspirine, vomissement : 2 points pour chaque item
  • Essoufflement au repos, fatigue anormale ou disproportionnée, baisse du volume des urines : 3 points pour chaque item

Selon le score total

  • 1 à 3 points le MAM est léger et se traite par la prise de paracétamol ou d’aspirine.
  • 4 à 6 points, le MAM est d’intensité moyenne: prise d’antalgique et l’ascension doit être arrêtée, du repos doit être observé.
  • Plus de 6 points : la descente est impérative et urgente. A ce stade, la mise en caisson et le traitement par oxygène peuvent être indiqués.

En conclusion :

  • La station prolongée à une altitude élevée  est déconseillé pour un temps d’exposition de plusieurs heures pour un enfant de moins de un an.
  • Tout changement d’attitude d’un nourrisson en altitude doit faire recherche un MAM même pour altitude entre 1500 et 2500 m.
  • L’altitude au delà des 3000 m est déconseillée entre 2 et 10 ans.

Bibliographie

  • PR Davis, KTS Pattinson, NP Mason, P Richards, D Hillebrandt. High Altitude Illness. J R Army Med Corps 2005; 151: 243-9.
  • Jean D.  L’enfant en montagne : dangers de l’altitude, du froid et du soleil.  Journal de pédiatrie et de puériculture (2008) 21: 349 —52.
  • Jean D. Pathologies liées à l’altitude. LA REVUE DU PRATICIEN 2015; 65: 513-4.
  • Grossmith G. L’enfant en altitude. Mémoire de DIU 2007.
  • Romain Kedzierewicz, Damien Cabane.  Mal aigu des montagnes et œdème cérébral de haute altitude. LA REVUE DU PRATICIEN 2013; 63: 18-26.
  • Luks AM, McIntosh SE, Grissom CK, Auerbach PS, Rodway GW, Schoene RB, et al. Wilderness Medical Society Practice Guidelines for the Prevention and Treatment of Acute Altitude Illness: 2014 Update. Wilderness & Environmental Medicine. déc 2014;25(4):S4‑14.

 

 

Le paracétamol administré sous forme de suppositoire est-il encore très utilisé et sa biodisponibilité est-elle équivalente à la forme orale?

L’enfant fébrile est un motif fréquent de consultation.

Un des volets de sa prise en charge comporte le contrôle de la fièvre.

Nombre d’enfants vus en consultation ont déjà reçu de la part des parents un traitement contre la fièvre. Ce traitement est administré de la propre initiative des parents, sur conseils du médecin, du pharmacien voire de l’entourage ou par le biais de conseils issus des médias.
Le paracétamol est souvent la molécule utilisée en première intention soit sous forme orale mais aussi sous forme de suppositoire.

La biodisponibilité de la forme suppositoire est-elle équivalente à la forme orale?

Une étude a été menée par l’unité de recherche épidémiologique de Paris Descartes. 4163 médecins généralistes et pédiatres ainsi  que 4946 pharmaciens ont inclus 5 enfants fébriles entre 1 mois et 12 ans dans les 48 h.

  • 6255 enfants ont été analysés.
  • l’âge moyen était de 4 ans.
  • 91 % d’entre eux avaient reçu de la part des parents un traitement de nature antipyrétique dans 84% des cas avant la visite chez un professionnel de santé.
  • La forme suppositoire était utilisée dans 27 % des cas lorsque l’administrateur était le parent et dans 19 % des cas s’il s’agissait d’une prescription d’un professionnel de santé.

Ce qui orientait vers cette forme d’administration était l’existence :

  • de vomissement (17%),
  • le jeune âge (41% et 31% avant 2 ans respectivement dans le groupe parents et professionnel de santé),
  • l’absence de diarrhée (0R 0,44),
  • la présence de douleur (0R 0,80)
  • le professionnel de santé était un pharmacien (OR 2,44) (1)

L’administration de paracétamol sous forme suppositoires n’est pas rare en France. Toutefois cette forme est plus utilisée qu’en Grande-Bretagne où elle est inexistante mais moins qu’en Italie (27%) et surtout en Islande (97%)

La voie rectale  pour les suppositoires de paracétamol assure-t-elle la même biodisponibilité que la voie orale?

La biodisponibilité du suppositoire de paracétamol est fonction de nombreux paramètres tels la vacuité du rectum, la température, le PH ainsi que la surface du rectum et la caractère plus ou moins lipophile du suppositoire. La position du suppositoire dans le rectum a également une influence car en position proximale l’absorption effectuée par la veine rectale impose un premier passage hépatique à la dose de paracétamol ce qui n’est pas le cas lorsque le suppositoire est en position distale (1).

Plusieurs études conduites entre 1997 et 2000 concluait à une biodisponibilité très variable entre 0,28 et 0,98 avec une meilleure disponibilité chez les plus jeunes patients (2).

Cependant des études plus récentes ont montré l’absence de différence significative concernant la rapidité d’apparition du pic de concentration et la vitesse d’élimination obtenues après administration orale ou rectale d’une dose identique de paracétamol (3).

Une méta-analyse de 2008 concluait à l’absence de différence entre la forme orale et rectale pour faire baisser la fièvre (4).

Une autre étude a comparé, après administration IV, PO ou rectale chez 7 adultes de plus de 18 ans à 45 ans, la concentration de paracétamol dans le système nerveux central, zone effective du paracétamol pour lutter contre la fièvre et la douleur. Si la concentration maximale a été plus vite atteinte par la voie IV, il n’y a aucune différence de concentration dans le liquide cérébrospinal à 3,5, 5 et 6 h après administration et ce quelle que soit la voie utilisée (5).

En conclusion:

  • La biodisponibilité de paracétamol par voie rectale varie selon certains paramètres tels le jeune âge du sujet et également selon la position du suppositoire dans le rectum.
  • Son utilisation semble aussi efficace que la voie orale pour contrôler une fièvre.

Bibliographie

1. Bertille N, Fournier-Charrière E, Pons G, Khoshnood B, Chalumeau M. Enduring large use of acetaminophen suppositories for fever management in children: a national survey of French parents and healthcare professionals’ practices. European Journal of Pediatrics. juill 2016;175(7):987‑92.

2. Anderson BJ, Woollard GA, Holford NHG. A model for size and age changes in the pharmacokinetics of paracetamol in neonates, infants and children. British Journal of Clinical Pharmacology. août 2000;50(2):125‑34.

3. Walson PD, Halvorsen M, Edge J, Casavant MJ, Kelley MT. Pharmacokinetic Comparison of Acetaminophen Elixir Versus Suppositories in Vaccinated Infants (Aged 3 to 36 Months): A Single-Dose, Open-Label, Randomized, Parallel-Group Design. Clinical Therapeutics. févr 2013;35(2):135‑40.

4. Goldstein LH, Berlin M, Berkovitch M, Kozer E. Effectiveness of Oral vs Rectal Acetaminophen: A Meta-analysis. Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine. 1 mai 2008;162(11):1042.

5. Singla NK, Parulan C, Samson R, Hutchinson J, Bushnell R, Beja EG, et al. Plasma and Cerebrospinal Fluid Pharmacokinetic Parameters After Single-Dose Administration of Intravenous, Oral, or Rectal Acetaminophen: Intravenous, Oral and Rectal Acetaminophen Pharmacokinetics. Pain Practice. sept 2012;12(7):523‑32.

Fluor pour qui et à quelle dose?

• Apports recommandés : Ils sont de l’ordre de 1 mg/jour. Si le fluor est utile tout au long de la vie,
il est surtout conseillé préventivement jusqu’à l’âge de 14 ans.
• Sources :
- eau de boisson : teneur variable selon les régions (pour l’eau du robinet, les analyses sont disponibles en mairie) ;
- sel iodé et fluoré (à n’utiliser que si l’eau de boisson contient moins de 0.5 mg de fluor/litre) ;
- produits d’hygiène bucco-dentaire.
• Recommandations si l’eau de boisson contient moins de 0.3 mg de fluor/litre :
- de 0 à 2 ans : prescription systématique de gouttes ou de comprimés de fluor ;
- de 2 à 6 ans : la prescription médicamenteuse doit être adaptée aux autres sources d’apport en fluor.
Utilisation de dentifrices dont la teneur en fluor est

Le recours au fluor chez les nourrissons et les enfants

 

 


L’ajout de fluor à l’eau potable en 1958 a suscité une réduction remarquable du taux de carie dentaire (1). Par la suite, les suppléments de fluor ont été recommandés pour les enfants dont l’eau n’était pas fluorée et, à l’heure actuelle, presque tous les dentifrices contiennent du fluor. Cependant, les multiples sources de fluor, telles les dentifrices fluorés, les suppléments de fluor (sous forme de gouttes et de pastilles) et le fluor naturel, ont contribué à une augmentation de l’incidence de fluorose. Le défi consiste à trouver la bonne quantité de fluor de manière fiable et sûre. Le fluor est efficace pour prévenir la carie, mais aucune étude contrôlée n’en a évalué la dose optimale. 

Les recommandations relatives à l’usage du fluor publiées en 1995 dans un énoncé de la Société canadienne de pédiatrie (SCP) (2) différaient considérablement de celles de l’Association dentaire canadienne (ADC). L’ADC (3) prônait qu’à part le fluor contenu dans l’eau, la principale source de fluor devrait provenir du dentifrice fluoré, et que les suppléments ne devraient pas être utilisés chez les enfants de moins de trois ans. La SCP affirmait qu’un bon brossage de dents, surtout dans les populations à haut risque, pouvait être difficile à instaurer, que le report des suppléments à l’âge de trois ans augmenterait le taux de caries et que les suppléments devraient être administrés dès l’âge de six mois (2). Des études plus récentes sur les actions du fluor ont entraîné la modification de ces deux positions. La position présentée dans le présent énoncé respecte les principes convenus à la conférence consensuelle cana-dienne de 1997 sur le recours au fluor (4).

La fluorose

La fluorose dentaire, un trouble associé au développement anormal de l’émail, a été remarquée pour la première fois dans des collectivités dotées de taux élevés de fluor naturel dans l’eau potable, mais il s’est observé par la suite chez des personnes qui ingèrent du fluor provenant d’autres sources.

Ce trouble, constaté surtout chez les enfants de moins de sept ans, s’associe à une détérioration de la biosynthèse de la matrice dentaire. Les manifestations peuvent osciller entre des changements minimaux (effet toxique [ET] de 1), qui incluent de 80 % à 90 % des cas et n’être remarquées qu’après un examen dentaire minutieux et, pour de plus rares individus, des marbrures et des picots nombreux et inesthétiques sur les dents, des stries sur l’émail et, dans les cas graves, des « calottes neigeuses » et des dents d’un blanc crayeux (ET d’au moins 2) peuvent être très disgracieux et exiger un traitement esthétique. Les dents secondaires sont les plus à risque de fluorose entre 15 et 24 mois (5).

La prévalence de fluorose a augmenté depuis 1945 (6), ce qui correspond à l’augmentation des sources possibles de fluor, y compris l’eau, le dentifrice, les aliments et les boissons composés à partir d’eau fluorée et les suppléments de fluor, comme les gouttes, les rince-bouche et les pastilles. La prévalence de fluorose est inversement proportionnelle au contrôle de la carie. Dans une vaste étude menée par Heller et coll. auprès de 18 755 enfants (7), la diminution la plus marquée de surfaces cariées, vides ou obturées s’observait par suite de l’augmentation des concentrations de fluor dans l’eau de 0 ppm à 0,7 ppm, tandis que peu de bénéfices supplémentaires se produisaient au-delà de cette concentration. La prévalence de fluorose augmentait avec l’augmentation des concentrations de fluor dans l’eau, passant de 13,5 % des enfants exposés à de l’eau contenant moins de 0,3 ppm de fluor, à 41,4 % de ceux exposés à plus de 1,2 ppm. Le recours aux suppléments ajoutait à l’effet et s’associait à une réduction supplémentaire de la carie, aux dépens d’une augmentation de la fluorose. Un compromis acceptable entre la carie et la fluorose est atteint lorsque le taux de fluor correspond à 0,7 ppm (7). D’autres études (8-10) démontrent également une prévalence de fluorose supérieure à 40 % lorsque l’exposition au fluor augmente, même si seule une petite proportion des changements dentaires découlant de la fluorose soient assez perceptibles pour qu’on envisage un traitement. Une récente étude de la fluorose chez 2 435 enfants de sept à 13 ans menée à Toronto, en Ontario (11), a permis d’établir qu’une fluorose dentaire modérée (indice de surface dentaire de 2 – fluorose de gra-vité moyenne) atteint 14 % des enfants de sept ans, 12,3 % de ceux de 13 ans et 13,2 % des deux groupes combinés, ce qui entraîne une prévalence semblable à la plupart des études récentes exécutées à Toronto.

Le mode d’action du fluor

Le fluor prévient surtout la carie grâce à son effet topique (12). La carie dentaire se produit lorsque la plaque, une pellicule collante de bactéries à la surface de la dent, s’alimente de sucre et de résidus alimentaires pour produire de l’acide, qui dissout la surface de la dent (c’est la déminéralisation). Le fait de badigeonner la surface de la dent avec une quantité aussi minime que 1 ppm de fluor entraîne une diminution marquée de la solubilité de l’émail. Le fluor ingéré, par contre, a peu d’effets sur la carie, mais il contribue énormément au développement de la fluorose.

Le développement de l’émail se caractérise par trois phases :

  • Pendant la phase sécrétoire, une matrice protéique se forme, et le dépôt de minéraux commence.
  • Pendant la phase de transition, la protéine est retirée et remplacée.
  • Pendant la phase de maturation, la protéine est remplacée à 95 %, et la minéralisation est terminée.

Le fluor appliqué systématiquement aux dents influe à la fois sur les phases de transition et de maturation. Le développement de l’émail est particulièrement sensible au fluor systémique pendant la phase de transition. La matrice devient poreuse tandis que le fluor et d’autres ions s’accumulent. Pendant la phase de maturation, des dépôts de minéraux altérés se produisent. Cet effet du fluor provoque une interférence avec les dépôts de cristaux, la modulation des cellules altérées et le report de la maturation osseuse.

Le fluor topique agit de trois façons principales pour prévenir la carie dentaire (12).

  • Il inhibe la plaque. Le fluor peut tuer ou inhiber les bactéries et les rendre moins aptes à produire des acides tirés des hydrates de carbone.
  • Il inhibe la déminéralisation. Le fluor est intégré à des cristaux à la surface de la dent, qui rend cette surface plus résistante à l’acide.
  • Il favorise la reminéralisation de l’émail. Le processus de déminéralisation et de reminéralisation de l’émail est constant. Le fluor accroît la vitesse du processus, et l’incorporation du fluor dans le minéral le rend moins soluble à l’acide.

Le dentifrice

Le dentifrice est offert avec ou sans fluor. Les tubes de dentifrice qui renferment du fluor sont maintenant étiquetés et contiennent environ 0,5 mg de fluor par gramme de dentifrice. Sur certains tubes, il est conseillé de couvrir de dentifrice les soies de la brosse à dents. Une portion de la taille d’un pois pèse environ 0,75 g et contient environ 0,4 mg de fluor, tandis qu’une portion qui couvre toutes les soies pèse environ 2,25 g et contient environ 1,0 mg de fluor. Ainsi, deux brossages de dents quotidiens transmettent de 0,8 mg à 2,0 mg de fluor, selon la quantité utilisée. Si le dentifrice est avalé, la quantité de fluor peut être excessive et contribuer à l’apparition de fluorose.

Les considérations sous-jacentes

  • Le principal mécanisme d’action du fluor pour prévenir la carie dentaire est topique (catégorie II-3, recommandation B) (11,13,14) (tableau 1).
  • La fluoration de l’eau constitue un mode de transmission efficace de fluor topique (catégorie II-1, recommandation B) (l).
  • Le dentifrice fluoré représente un mode de transmission efficace de fluor topique (catégorie I, recommandation A) (15).
  • L’ingestion de plus que la dose quotidienne recommandée de fluor s’associe à une augmentation du risque de fluorose dentaire (catégorie II-2, recommandation E) (2,16).
  • En l’absence d’exposition convenable au fluor topique (p. ex., dentifrice ou eau fluorée), des produits fluorés supplémentaires peuvent être administrés sous forme de gouttes, de comprimés à croquer et de pastilles. L’efficacité de ces produits pour prévenir la carie dentaire est faible chez les enfants d’âge scolaire (catégorie II-2, recommandation C) et n’a pas été évaluée chez les nourrissons et les tout-petits (catégorie II-3, recommandation C) (8).
  • Certaines personnes peuvent être susceptibles au « problème carieux ». En raison d’une prédisposition génétique ou environnementale à une forte prévalence de caries (17-21), le fluor topique seul peut être insuffisant pour prévenir la carie (c’est-à-dire qu’il se peut que l’ajout de fluor n’apporte aucun bénéfice net et que d’autres mesures, comme un traitement antibactérien et des modifications au régime, peuvent être nécessaires) (catégorie II-3, recommandation C) (22).

Les recommandations

Il n’y a aucun doute que le recours au fluor réduit la carie dentaire. Par contre, il est clair que l’ingestion d’une trop grande quantité de fluor peut entraîner divers degrés de fluorose. Ainsi, en pratique, l’administration de fluor devrait permettre d’établir un équilibre entre les deux situations.

  • La position présentée dans le présent énoncé respecte les principes convenus à la conférence consensuelle canadienne sur le recours au fluor, tenue en 1997 (4).
  • Il faut continuer d’ajouter du fluor dans l’approvisionnement municipal en eau, lorsque les concentrations naturelles sont inférieures à 0,3 ppm. Un compromis convenable entre la carie dentaire et la fluorose s’observe à environ 0,7 ppm.
  • Il faut continuer d’imprimer un avis sur la concentration de fluor sur les tubes de dentifrice, et il faudrait préciser la quantité contenue dans une portion de la taille d’un pois.
  • Les concentrations de fluor devraient être indiquées sur tous les aliments ou toutes les boissons qui en contiennent.
  • Les enfants ne devraient utiliser qu’une portion de la taille d’un pois et être invités à ne pas avaler l’excédent de dentifrice.
  • Puisque l’action du fluor est topique, le fluor ne devrait pas être administré avant l’apparition des dents.
  • Les suppléments de fluor ne devraient être administrés (tableau 2) qu’à compter de six mois, et seulement si les conditions suivantes s’appliquent :
    • la concentration de fluor dans l’eau est inférieure à 0,3 ppm;
    • l’enfant ne se brosse pas les dents (ou ne les fait pas brosser par un parent ou un tuteur) au moins deux fois par jour;
    • si, de l’avis d’un dentiste ou d’un autre professionnel de la santé, l’enfant est susceptible à une forte activité carieuse (antécédents familiaux, tendances et modèle carieux dans la collectivité ou la zone géographique).
  • Les suppléments de fluor devraient être administrés dans des préparations qui maximisent l’effet topique, comme les rince-bouche ou les pastilles. Les gouttes, si elles sont utilisées, doivent être diluées dans l’eau, et il faut les laisser tomber sur les dents.

 

Tableau 1 : Classification des modes d’action du fluor pour prévenir la carie dentaire

Catégorie (18) Description
I Résultats obtenus dans le cadre d’au moins un essai comparatif convenablement randomisé
II-1 Résultats obtenus dans le cadre d’au moins un essai clinique non randomisé bien conçu
II-2 Résultats obtenus à partir d’études analytiques de cohorte ou cas-témoin, provenant préférablement de plus d’un centre de recherche
II-3 Résultats obtenus par suite de la comparaison entre le temps et les lieux, avec ou sans intervention. Des résultats remarquables d’expériences non contrôlées peuvent également être inclus dans cette catégorie
III Opinions exprimées par des sommités respectées d’après leur expérience clinique, des études descriptives ou les rapports de comités de spécialistes
  Recommandations relatives aux mesures préventives
A On dispose de données suffisantes pour appuyer la recommandation.
B On dispose de données acceptables pour appuyer la recommandation.
C On dispose de données insuffisantes pour appuyer la recommandation, mais une recommandation pourrait être présentée selon d’autres critères.
D On dispose de données acceptables pour rejeter la recommandation.
E On dispose de données suffisantes pour rejeter la recommandation.

Tableau 2 : Concentrations recommandées de suppléments de fluor pour les enfants

  Concentration de fluor
âge de l’enfant < 0,3 ppm > 0,3 ppm
De 0 à 6 mois Aucun Aucun
> 6 mois à 3 ans 0,25 mg/jour Aucun
> 3 à 6 ans 0,50 mg/jour Aucun
> 6 ans 1,00 mg/jour Aucun

Références

  1. Newbrun E. Effectiveness of water fluoridation. J Pub Health Dent 1989;49:279-89.
  2. Société canadienne de pédiatrie, comité de nutrition. Utilisation du fluor chez les nourrissons et les enfants. Paediatr Child Health 1996;1:135-9.
  3. Clark DC. Appropriate uses of fluoride in children: Guidelines from the Canadian Workshop on the Evaluation of Current Recommendations Concerning Fluorides. CMAJ 1993;59:272-9.
  4. Limeback H, Ismail A, Banting D, et al. Canadian Consensus Conference on the appropriate use of fluoride supplements for the prevention of dental caries in children. J Can Dent Assoc 1998;64:636-9.
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  6. Lewis DW, Banting DW. Water fluoridation, current effectiveness and dental fluorosis. Comm Dentist Oral Epidemiol 1994;22:153-8.
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  8. Ismail AL. Fluoride supplements: Current effectiveness, side effects, and recommendations. Comm Dentistry Oral Epidem 1994;22:164-72.
  9. Riordan PJ, Banks JA. Dental fluorosis and fluoride exposure in Western Australia. J Dent Res 1991;70:1022-8.
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  11. Leake J, Goettler F, Stahl-Quinlan B, Stewart H. Has the level of fluorosis among Toronto children changed? J Can Dent Assoc 2002;68:21-5.
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  13. Featherstone JDB, Glena R, Shariati M, Shields CP. Dependence of in vitro demineralization of apatite and remineralization of dental enamel on fluoride concentration. J Dent Res 1990;69:620-5.
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  16. Osuji OO, Leake JL, Chipman ML, et al. Risk factors for dental fluorosis in a fluoridated community. J Dent Res 1988;67:1488-92.
  17. Driscoll WS, Nowjack-Raymer R, Selwitz RH, et al. A comparison of the caries-preventing effects of fluoride mouth rinsing, fluoride tablets, and both procedures combined. J Public Health Dent 1992;52:111-6.
  18. Canadian Task Force on the Periodic Health Examination. The periodic health examination: 2. 1987 update. CMAJ 1988;138:618-26.
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  21. Hassell TM, Harris EL. Genetic influences in caries and periodontal diseases. Crit Rev Oral Biol Med 1995;6:319-42.
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  23. Seow WK. Prematurity as factor to enamel hypoplasia. Aust Dent J 1997;42:85-91.

Les adresses dans Internet sont à jour au moment de la publication.

 


Comité de nutrition  

Membres : Docteurs Margaret Boland (présidente), Hôpital pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario); Robert Issenman (administrateur responsable), Children’s Hospital – Hamilton HSC, Hamilton (Ontario); Alexander Leung, Alberta Children’s Hospital, Calgary (Alberta); Valérie Marchand, Hôpital Sainte-Justine, Montréal (Québec); Anthony Otley, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-écosse)
Conseillers :
Docteurs Claude Roy, Hôpital Sainte-Justine, Montréal (Québec); Reginald Sauve, université de Calgary, Calgary (Alberta); Stanley Zlotkin, The Hospital for Sick Children, Toronto (Ontario)
Représentants :
Mesdames Anne Kennedy, Institut national de la nutrition, Ottawa (Ontario); Marilyn Sanders, Comité canadien pour l’allaitement, Toronto, Ontario; Donna Secker, The Hospital for Sick Children, Toronto (Ontario); Rosemary Sloan, Direction générale de la santé de la population et de la santé publique, Santé Canada, Ottawa (Ontario); Christina Zehaluk, Direction générale des produits de santé et des aliments, Santé Canada, Ottawa (Ontario)
Auteur principal :
Docteur John Godel, Heriot Bay (Colombie-Britannique)


Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.

Apport en vitamine D

Les carences en vitamine D

P E Mallet Nutrition et pédiatrie Mai 2008 vol1 N°1

Les besoins en Vitamine D varient selon les besoins qui sont fonction de divers facteurs comme la vitesse de croissance selon les âges, l’alimentation et l’environnement plus ou moins ensoleillés.

Rappelons que la Vitamine D est indispensable pour que l’absorption du calcium puisse s’effectuer.

Les besoins en calcium varient selon l’âge :

· 500 mg/j pour les enfants de 1 à 3 ans

· 700 mg/j pour les enfants de 4 à 6 ans

· 900 mg/j pour les enfants de 7 à 9 ans

· 1200 mg/j pour les adolescents de 10 à 19 ans

Pour absorber 1 gr de Calcium , l’adolescent droit consommer quotidiennement :

· 1/2 litre de lait par jour

· ou un bol de lait (250 ml) + 2 yaourts

· ou un bol de lait + 1 yaourt + 1 fromage (100 g de fromage frais, 20 g de fromage fondu , ou 30 g de fromage à pâte molle type Camembert ou Brie)

· ou un bol de lait + 30 g de fromage à pâte pressée type Emmental, Cantal, …

· ou 2 yaourts et 1 fromage

Quel apport en vitamine est souhaitable:

Pour le nouveau-né.

Une nouveau-né né d’une mère présentant une carence en Vit D risque de présenter aussi une carence responsable d’une hypocalcémie néonatale

Ceci a été montré

- en mesurant le taux de Vit D effondré chez la mère et son nouveau-né,

- en constatant la correspondance entre le niveau d’ensoleillement, le taux de vit D chez la maman et l’enfant et le taux d’hypocalcémie néonatale,

- par la réduction des 2/3 des hypocalcémies chez les mamans supplémentés par uen dose de 80 à 100000 U au 7 eme mois de grossesse.

RECOMMENDATION : Dose de 80 à 100000 U au 7 eme mois de grossesse.

Le nourrisson:

Bien que le lait soit enrichi de 400 U/l de lait, la vitesse de croissance du nourrisson est si rapide (25 cm/an la 1ere année) qu’un apport en Vit D reste recommandé.

Le risque de carence demeure pour les enfants nourris au sein( faible teneur en vit D du lait de mère), surtout s’ils ont la peau claire et ceux qui ont une allergie au protéine de lait de vache.

RECOMMENDATION : jusqu’à 18 mois :

- Bébés nourris au sein : 1200 U Vit D par jour,

- Autres : 400 à 800 U/J

L’enfant d’âge pré-scolaire

Sa vitesse de croissance reste importante : 10 cm/an.

La supplémentation par dose de charge hivernale est rarement suivie avec parfois des carences ou des surcharges en vit D.

RECOMMENDATION :

Dose de 80 à 100000 U 2 fois par hiver à trois mois d’intervalle

L’adolescent

Période de forte croissance avec la fin de constitution du capital osseux à 16 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons.

La dose de calcium recommandée est peu souvent atteinte à cet âge.

Hormis une vie au grand air dans un environnement ensoleillé avec une exposition quotidienne des bras , des jambes et du visage, la synthèse de Vit D cutanée est rarement optimale.

RECOMMENDATION :

80 à 10000 U en début d’hiver 2 fois à 3 mois d’intervalle ou

1 prise unique de 200 000 U

La vitamine D reste donc un élément essentiel dont l’apport doit être maintenu chez l’enfant durant sa période croissance

Statut calcique et vitaminique D des enfants d’âge préscolaire. À propos d’une enquête pratiquée en région rouennaise .

Archives de Pédiatrie. Volume 12, Issue 12, December 2005, Pages 1797-1803




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